Ecumeur de fou

 

Mon Ecumeur :

1) L'idée (2006)

Peu de temps après le démarrage de mon bac, j'étais au boulot et je me servais un gobelet à la fontaine d'eau et ce jour là soudainement, je dois vous avouer que je l'ai regardé d'une tout autre manière. Transparent, solide, léger, d'une capacité de 18 L. On pourrait s'en servir pour faire un gros écumeur. Mais bon, il faudrait une pompe énorme et mon bac n'est pas si volumineux, 600 L c'est rien.

2) Coup de bol (2007)

Un jour, en surfant sur Internet sur des sites américains, je regardais ce qu'ils mettaient sur des gros écumeurs : pompe de marque Séquence, Iwaki, Mag, Dolphin.....

Plus tard, sur EBAY je cherchais des pompes de ces marques et là je suis tombé sur une entreprise de cosmétique américaine qui vendait deux pompes IWAKI MD 100 FY, une en état neuf d'après les photos, une autre un poil rouillée à un prix d'environ 180 euros.

 

Description :

Pompe centrifuge à entraînement magnétique.

Fabrication américaine ou japonaise (apparemment  plus réputées et rare).

Pièces en ETFE et carbure de silicium pour les pièces mécaniques. La série MD F permet de pomper des acides forts tel que l'acide sulfurique !

Corps avant de la turbine en ETFE renforcé de fibre de carbone.

ETFE (Ethylène tetrafluoroethylène) : Un nouveau composant innovant. L’ETFE est un matériau résistant avec un bon équilibre dans ses propriétés mécaniques – excellente résistance au déchirement, bonne résistance à la rupture avec une rigidité modérée, très bonne résistance aux chocs et bonne durée de vie en flexion. L’ETFE peut être utilisé en permanence sur la plage de température -65oC to +150oC, Il reste remarquablement robuste à très basse température, sa température de fragilisation est inférieure à -100oC. Les différents agents chimiques n’ont que peut d’effet sur ce matériau et sa perméabilité aux gaz et vapeur est très faible.

Moteur électrique monté sur roulements à billes.

Débits : 10L/min à 8.5m (600L/h) ; 115L/min à 2m (6900 L/h) ; Débit max 135L/min (8100 L/h).

Prix neuve : environ 500 euros pièce (faut il encore en trouver !).

Un petit hic quand même elles s'alimentent en 200 v triphasé, consomme environ 200 w,  oooups  ;  Enfin je me dis qu'avec un gros condensateur on pourrait les faire tourner en monophasé 220 v.

Aller, je me lance, j'achète, pour le prix et l'énorme qualité d'un produit orienté plus pour l'industrie. ooops j'y pensais plus, mais ça pèse combien ? Environ 8 Kg la pompe, et vive les frais de transport !

Enfin, je les ai reçu après quelques semaines, environ 100 euros de frais de port.

Matériel en bon état, comme sur les photos, un petit essai en 220 v monophasé avec la deuxième phase reliée par un condensateur, les deux pompes fonctionnent, je m'attendais à ce qu'elles soient plus bruyantes !

Par contre un bon nettoyage du corps avant s'impose.

3) Le corps de l'écumeur (2007)

Il est constitué de deux réserves de 18 L d'eau empilées, d'un tube en PVC transparent récupéré sur une petite fontaine à bière (6 L chez GIFI 30 euros).

Voilà pour le gros oeuvre accompagné de 3 traversées de parois de 32 mm et une de 20 mm.

 

4) Le problème de l'alimentation électrique (2007)

C'est sûr en 220 v monophasé ça fonctionne, mais c'est bête de ne pas tirer parti de ces merveilleuses pompes. En discutant avec un collègue (merci NICO) il me dit que je pourrais trouver un convertisseur 220 v monophasé vers du 220 v triphasé sur EBAY assez facilement sous la dénomination ALTIVAR 18 fabriqué par la marque Télémécanique. En effet, après quelque recherche, ça se trouve facilement en France. Alors hop, j'en commande un au prix de 90 euros. Matériel reçu, fonctionnement impeccable ; le problème de l'alimentation, résolu.

 

5) Le rotor pas à picots

Eh oui, le rotor. J'aimerais bien voir ce que ça donne avec un rotor à picots type Neuhaus si ça existait. Diamètre du rotor environ 8 cm. C'est une belle bête. Une idée m'est venue pour résoudre ce problème : pour les picots, on pourrait utiliser des tiges en fibres de carbone comme on peut en trouver sur les cervolants, dans les magasins de modélisme surtout et pour le support une plaque de circuit imprimé en fibre de verre ferait l'affaire. 

Dans un premier tant, j'ai raboté le plan de surface du rotor (partie de l'hélice constitutive du rotor).

Le modèle : Je l'ai réalisé avec un logiciel de DAO pour la conception de circuit imprimé d'electronique (précision à 1/100 mm près). Perçage à la perçeuse à colonne avec un très petit foret pour le pointage, puis un foret plus grand. Ensuite, découpe des tiges de carbone de même longueur, pour cela j'ai réalisé un gabarit de coupe. Problème, la tige de carbone éclate légérement lorsqu'on la coupe. Solution, couper les tiges un peu plus longues et les passer une par une avec une fraise.

 

 Emmanchement en force des tiges sur la plaque et collage à la colle Acrifix. Enfin collage du disque réalisé sur le rotor de pompe avec du mastic. 

 

6) Un autre souci, le godet de l'écumeur (Fin 2008)

Voilà le bazar qui m'a le plus embêté, c'est bête, mais pas si simple à réaliser.

Dimensions : environ 25 cm de diamètre, 30 cm de haut.

Comment je fais pour réaliser ça moi ? Impossible d'acheter un tube de diamètre 250 mm, vous avez vu les prix ? Le fabriquer en forme de cube, oui mais affreux. Quelques mois passent, je suis dans un magasin de papier peint et que vois-je, exactement ce que je cherche partout depuis des mois et des mois, ils ont des sceaux en plastique transparent pour mettre la colle à papier peint. J'achète, 10 euros, ça va. Le fond est assez fragile et peu épais, je le découpe et le remplace par une plaque de PVC gris de 5 mm que je découpe à ses dimensions. Je mets un bouchon de 125 mm qui servira de conduit à son raccordement avec le corps de l'écumeur et de support pour le cône d'évacuation de l'écume. Problème résolu.

 

7) Le support de l'écumeur (Fin 2008)

Pas compliqué, mais essentiel, je me vois mal poser l'écumeur et la pompe de 8 kg sur le sol. Quelques dimensions de prise et j'achète du contreplaqué pour fabriquer un cube, un coup de peinture en bombe et c'est fait.

8) Liaison avec l'aquarium (mars 2009)

La sortie d'eau ne posera pas de problème, mais l'entrée ? Deux solutions, encore une pompe pour alimenter l'écumeur, d'environ 1500 L/h ou bien mieux, plus simple et plus économique, connecter le trop plein du bac directement à l'écumeur, ce que j'ai fait.

9) La révélation (11 mars 2009)

A la base, c'était plus un défi personnel, une expérience par mis tant d'autre comme j'en fais régulièrement, qu'une idée fixe. Je me posais de temps en temps la question, à quoi servirait un écumeur aussi énorme que ça qui pourrait écumer sans problème un bac de 4000 - 5000 L ? C'est une bonne question, je répondrais, peut être à expérimenter ce que donne un sur-écumage, c'est bien, pas bien ? Que l'on se moque de moi, peut-être, mais mon but est de faire des expériences et essayer d'avancer.

Un sous écumage, tout le monde à la réponse je pense, mais un sur-écumage ?

 

 

Quelles pourraient être les méfaits : une consommation des oligo-éléments, strontium, etc... plus importante. Les bienfaits : meilleure oxygénation du bac (essentiel pour les coraux), une meilleure qualité de l'eau, que sais-je ? 

Mardi 10 mars 2009 19h00 : Mise en route après raccordement de l'écumeur et dernières petites vérifications au niveau de l'étanchéité des raccords. OK, mise en route de l'ALIVAR qui pilote la pompe à eau, mise en route de la pompe à air. Après quelques petites minutes, l'écume se créer et monte jusqu'en haut du cône du godet. Une heure plus tard les réglages au niveau du débit d'air sont réalisés correctement.

Mercredi 11 mars 2009 12h15 : Je rentre du boulot et me précipite pour voir s’il n'y a pas de fuite, disjonction, et là je remarque tout de suite que les polypes de l'ensemble de mes coraux sont bien plus ouverts et sortis que d'habitude, surtout les Acropora, Stylophora, Montipora Digitata, Pocillopora, et l'incroyable, mon Galaxea a ses tentacules complètement déployés, les polypes de toutes les gorgones complètement sortis, hallucinant, mon Dendronepthea qui faisait un peu la gueule depuis plus d'un mois, regonflé, incroyable !!!!

 

Mercredi 11 mars 2009 : 17h30 : Les polypes des coraux sont toujours bien ouverts. L'écume est passée d'une couleur blanche à un blanc sale.

9) 1ère conclusion

Sans aucun doute possible, l'écumeur y est pour quelque chose. J'ai fait très attention à effectuer ce que je fais habituellement : même produits ajoutés, même nourriture, même quantité, au même endroit. Aucun changement, à part le raccordement du nouvel écumeur. D'ailleurs, mon ancien écumeur fonctionne toujours, le rejet de l'écumeur se fait au même endroit que se faisait le rejet du trop plein du bac. L'eau ajoutée dans l'écumeur pour son remplissage est l'eau du bac que j'ai gardé lors de mon dernier changement d'eau effectué le dimanche précédent. Donc à priori, ce n'est pas source du hasard.

A voir, maintenant dans le temps ce que cela donne, cependant le premier effet est très encourageant, je ne m'y attendais pas du tout.

 

10) Le cône du godet de l'écumeur

Ci dessous, réalisation 3D du cône.

                

J'ai pris exemple sur les cônes des godets d'écumeur AquaMedic Turbo Flotor.

J'ai photographié le godet d'un turbo flotor 1000 et l'ai modélisé. Ensuite j'ai sortie la photo sur papier, et à l'aide d'une photocopieuse ai pu ajuster aux dimensions que je souhaités.

Enfin, de haut en bas, j'ai mesuré le diamètre du cône tout les 5mm sur la feuille afin de fabriquer un moule à partir de rondelle de polystyrène extrudé.

J'ai ensuite poncé grossièrement l'empilement de rondelle, appliqué en plusieurs couches du plâtre de moulage et à nouveau poncé soigneusement.

                               

Une fois le moule réalisé, on le recouvre de scotch et ensuite de cire d'abeille compacte.

                               

 

Le moule est près à être recouvert de fibre de verre et de résine polyester.

  • On découpe d'abord la toile de fibre de verre aux dimensions souhaitées pour réaliser 3 couches.
  • Pour ma part, j'ai appliqué la résine sur la toile prédécoupée, puis l'ai posé délicatement sur le moule en prenant bien soin de la tendre et vérifier qu'elle est bien appliquée contre le moule (attention aux bulles d'air).
  • On laisse ensuite sécher et on répéte les mêmes actions pour les 2 toiles suivantes.

Vient maintenant la phase du démoulage, il suffit d'effectuer une coupure verticale à l'aide d'un mini-disque à tronçonner monté sur une Dremel.

                     

 

Si on a pris soin de bien appliquer la cire sur le moule, le démoulage est très facile, une fois la découpe réalisée (sur la photos du moule en plâtre, on voit bien la découpe que j'ai réalisé pour le démoulage).

Ensuite, on recolle le moule à l'aide de quelques point de Cyano et ensuite de colle Acrifix 192.

On découpe maintenant le haut et le bas du cône grossièrement au disque à tronçonner puis ensuite très précisemment (j'ai utilisé pour ça un laser de maçon).

Le cône est prêt à être poncé du côté externe puis à être collé sur un bouchon de 125 mm (le bouchon ayant été découpé avant).

 

 

 

Vidéo de l'écumeur en fonctionnement (2.61 Mo)

ça décoiffe!!!

 

 

 

 

 

 

 

 

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